Mémoire D’Afrique Pape Teigne Diouf

Vit et travaille entre Paris & Dakar.

J’ai rencontré par hasard les œuvres de Pape Teigne Diouf  au début 2006, en allant voir un spectacle au théâtre Daniel Sorano de Vincennes où elles étaient présentées.  J’avais été fascinée par la puissance créative et la flamboyance de ses peintures.

Quelques temps plus tard,  un ami, Bernard Doeureux, me fit l’honneur de m’associer à son envie d’aventure et nous ouvrîmes ensemble une galerie,  rue de Seine : « Art d’Ailleurs, d’Aujourd’hui ». Comme le dit explicitement son nom,  nous voulions présenter des artistes contemporains de pays lointains  — dits « émergeants » — dont beaucoup sont présents dans nombre de musées étrangers, alors que, à l’époque, la France, plus frileuse, ne les considérait peut-être pas à leur juste valeur.

J’ai immédiatement pensé à Pape Teigne Diouf ; j’étais ravie de pouvoir l’exposer. Mon enthousiasme fut instantanément partagé par Bernard Doeureux et par nos visiteurs. Ce sont ses œuvres qui inaugurèrent notre galerie.

Chaque toile, chaque sculpture de Diouf sont un embrasement  de couleurs, de matières, de sensations presque physiques. Elles nous plongent dans une histoire dont on suit le déroulement — et dont on voudrait tout de suite connaître la fin — à travers des aplats rutilants, de puissants coups de pinceau, des volumes mouvementés qui entrainent le regard dans la chronologie et la direction voulues. Elles ont un goût d’épopée, de mythologie :   ici, on devine au loin d’immenses populations en marche, soulevant de grandes nuées rouges de latérite ; là, une danse de héros guerriers, un cortège de paysans ou une procession de pèlerins ; là encore, un détail, d’abord passé inaperçu, capte notre attention et nous ramène à la réalité du quotidien (le bois d’un mortier, le basin d’un enfant) ou au drame antique (la médaille du tirailleur épinglée à l’uniforme loqueteux, remémorant d’une tache rouge, d’une usure du drap, d’une déchirure de la veste, la tragédie de Thiaroye non loin de son quartier à Dakar le village de Hann Bel-Air). La palette incandescente de Pape Teigne Diouf nous transporte  dans le temps et dans l’espace  mais toujours vers  cette Afrique qu’il nous présente  comme la raconterait un griot de talent : avec un sens inné de la poésie et une pointe d’humour, mais aussi avec la profondeur d’un regard attentif et perspicace qui ne laisse rien au hasard.

Joëlle Mnouchkine

 Impressions d’Africain

De son enfance dans la région de Fatick, à Diakhao ; la dernière capitale du royaume du Sine. Aujourd’hui, elle garde encore les vestiges les plus représentatifs de ce royaume , classé patrimoine de l’Unesco, la maison Royale des rois du Sine : Boukar Tjilas Sanghaie ,  Ama Diouf Gnilane Faye Diouf.Coumba Ndofféne Famak, Coumba Ndofféne Fandeb, Mahécor Diouf , parmi les plus célèbres du Sine, est aujourd’hui le symbole de la longue marche du royaume sérère avec ces sépultures des Bur Sine, des Guelewar, des Linguères, des lieux de libation des rois ou encore les célèbres «Joung Joung » tambours royaux qui s’offrent aux visiteurs.

Pape Tégne Diouf a gardé le souvenir des gestes des artisans fabriquant des objets, à partir de matériaux récupération. L’histoire de ses premières années est celle d’un enfant fasciné par le travail manuel Ce n’est que plus tard, en fréquentant l’école des Beaux – Arts de Dakar qu’il fera l’apprentissage des techniques classiques de l’art occidental. .  Il suit aussi des cours d’histoire de l’art, étudiant, de l’antiquité à nos jours, les grands mouvements de l’art européen. Après quelques années d’apprentissage généraliste des Techniques plastiques classiques et de l’histoire de l’art, il s’oriente vers la section  » décoration / graphisme » de l’école Nationale des Arts Décoratifs. Cela l’amène à fréquenter le monde du théâtre, de la télévision, et à réaliser des décors pour le cinéma….

Sa première  exposition Mai 1996 au Théâtre Nationale Daniel dak’art off, est le fruit de longues heures vouées à son occupation favorite la peinture et sculpture, autant dire le produit de longue séquences de la vie, là-bas dans le quartier de Hann Montagne aux milieux des pécheurs ou il habite.les œuvres réalisés en fer rouillé, bois usé, jute, autant de matériaux érodés par le temps  après un long séjour dans la mer. Ces tableaux évoquent la vie sur la baie de Hann, l’environnement, la pollution maritime, l’écologie.

Ce cadre de vie l’inspire dans se parcours laborieux de création qu’il a intitulé “Empreintes de la misère signes de la pauvreté ” dans le cadres des 10 ans de l’association des pêcheurs de Hann.

A mi-chemin entre tradition et modernité, l’œuvre de Pape Diouf puise donc au cœur même de  cette Afrique qu’il a vécue, et dont il cherche à transmettre l’esprit. Cet esprit est d’ailleurs autant à rechercher la réalité des grandes agglomérations que dans les cultures les plus traditionnelles, celles qui échappent encore à l’érosion imposée par la modernité.

L’œuvre de Pape Teigne Diouf est en ce sens une œuvre engagée, puisqu’elle plaide pour un renouveau, pour un encrage d’une certaine modernité au sein d’une tradition et d’un mode de pensée magique du monde qui reste prédominant dans bien des régions de ce continent.

Très tôt au contact avec les croyances animistes, l’artiste nous invite d’ailleurs à en découvrir certains des signes dans ses créations, qui mélangent figuration classique occidentale ,abstraction et signes issus d’un répertoire de pratiques religieuse ancestrales selon un savant dosage qui lui est propre ,lui permettant de varier considérablement ses propositions picturales et de laisser libre court à sa créativité. Il travaille rarement avec un  pinceau. C’est avec une rapidité manuel qu’il laboure profondément la toile légère, lui donne vie, créent le mouvement, l’arrêtent, impulsent force et faiblesse, violence et douceur. Les couches de couleurs se superposent comme des strates et leurs chevauchements créent de vigoureuses secousses telluriques. Un procédé constamment renouvelés ajoutant à la matière picturale d’autres matériaux qui souvent nous interpellent par l’utilisation qu’il en fait.

Ce renouvellement constant des moyens plastiques est l’expression d’une forte liberté qu’il revendique, mais ne peut enlever la force qui caractérise toutes ses œuvres, une âme véritable.

Peintre, architecte, décorateur ,designer, technicien éclairagiste de théâtre, cinéma et de plateau télévision notamment à la RTS(radio télévision Sénégalaise)-Théâtre National Daniel Sorano, Pape Teigne Diouf est un artiste reconnu dans son pays et à l’étranger pour la qualité de son œuvre et le message d’espoir et paix qu’il véhicule.

Rachel Mignon

Nb : Les sérère (Léopold Sédar Senghor est sérèer)  Rachel Mignon « La CLEF, St Germain en Laye  »

 

Teigne : un titre

Un teigne (aussi : TeignTègneTeeñTin ou Tinou en langue sérère ) est le détenteur d’un pouvoir monarchique au Baol 1, un ancien royaume du Sénégal.

Après la disparition des dynasties sérère paternelles du Baol, le titre a été conservé par les Wolofs. Les premières teignes du Baol étaient sérères et ils comprenaient des membres de la dynastie Diouf tels que Bouré Diouf et Gnilane Diouf, pendant la période du Wagadou et de Maad Patar Kholé Diouf le conquérant. La dynastie des Fall, qui était constituée de Maures noirs wolofisés,  après la bataille de Danki en 1549. Le dernier teigne du Baol,  régna de 1890 jusqu’au 3 juillet 1894.

Edition- Media-Presse

-Le soleil Jean Pirés Juin 1996

- Dak’art – Wal Fadjri 1999

-ART TV université de Dakar

-Le monde diplomatique

-Télé Cran Nr 1248 Luxembourg

-Revue Magasine Luxembourg

-RFI cahier Nomade Sophie Ekoué

-Télé sud

-Rts Galerie Gouye-Gui village des Art

-France 3 TV  » les Afrique Quetigny »

-Africa N1 l’art africain contemporain

-Intercommunalité Viry-Châtillon

-Art actuel Mai 2002

-Les Afriques 36 Artistes Contemporains ( éditions Autrement)

Jean Michel Basquiat , Chéri Samba , Ousmane sow , Orlan , Robert Combas , Frédéric bruly Bouabré, Ernest Duku , Malick sidibé , Sultan, Depara , Samuel fasso,…

-Africa Urbus Musée des arts Derniers.

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